Bio
Nikola Raghoonauth est un artiste aux multiples facettes, dont le parcours artistique s’étend à travers des territoires aussi divers que la poésie, la musique, le théâtre et la vidéo. Né à l'île Maurice, il incarne une vision vive et engagée de son île natale, tout en s’ancrant profondément dans une démarche artistique audacieuse et politiquement porteuse de sens.
Un début musical marqué par la révolte et la poésie du rap
Dans les années 1990, l’aventure de Nikola commence au sein du groupe N.A.S, sous le pseudonyme de Gurik. Ce sont les voix conscientes du rap qui nourrissent son art à l’époque : un rap engagé, qui scrute les ombres sociales et les luttes politiques. Le groupe se fait entendre sur la scène effervescente des Sound Systems à l’île Maurice, où les mots résonnent comme un cri de révolte. Mais le temps passe, et l’artiste s’affranchit des formats pour se laisser porter par de nouvelles explorations sonores : il forge une approche poétique, urbaine et abstraite, où les mots dansent et les rythmes s’entrelacent.
L’engagement à travers la poésie et le slam
En 2001, un tournant majeur se dessine dans le parcours de Nikola avec l’arrivée du slam à Maurice. Une véritable révélation, qui le propulse sur les scènes les plus insolites – librairies, plages publiques, bars et marchés. Il devient l’un des pionniers du mouvement, prenant la parole avec une force nouvelle, une parole de résistance et d’espoir. C’est à cette époque qu’il se lie à des initiatives politiques et sociales, telles que "Poètes contre la guerre" et "Le mouvement anti-communautariste". C’est aussi au cœur de cette période qu’il fonde le groupe SEPT, une formation qui puise son inspiration dans l’esprit de The Doors, explorant les frontières entre rock, poésie et engagement.
Théâtre et contes : une nouvelle dimension poétique
En 2006, un autre horizon s'ouvre devant lui, celui du théâtre et du conte. Il s’installe à l’île de la Réunion et, avec la compagnie Baba Sifon, il s’investi comme comédien-conteur dans la pièce Baramine. De 2007 à 2010, il tisse des liens avec les artistes de cette compagnie, et son travail s’enrichit de multiples influences culturelles et théâtrales, nourrissant un imaginaire collectif puissant.
Conteur invité à la Maison du Conte pour le projet « Ici-Laba » en compagnonnage avec Abbi Patrix dans le cadre du dispositif DMDTS ; poète-musicien dans Sensitive une lecture scénique du roman de Shenaz Patel au festival Les Francophonies en Limousin ; poète invité au Salon du Livre Colères du présent, à Arras. Il écrit les textes et joue le coryphée sur la création Et chasse... spectacle déambulatoire de la Cie de théâtre de rue Schtrockbèn au Leu Tempo festival 2008-2010 à St- Leu (Réunion), ainsi qu’au festival Zegny’zo à Diego Suarez (Madagascar), Sweet Sour Suite avec Rodolphe Dana du Collectif Les Possédés (Maurice-France) en 2013.
Spokélectro : la fusion des mots et des sons
En 2008, Nikola prend un nouveau tournant avec la création du duo Do Pagaal, en collaboration avec l'artiste Automat. C’est une rencontre audacieuse entre le spoken word et l’électro, une fusion qui brise les frontières musicales et poétiques. Ce projet spokélectro le mène sur des scènes prestigieuses, comme Le Printemps de Bourges en 2010, où sa performance devient un tourbillon d'originalité, fusionnant influences électroniques et poésie militante.
Créations : théâtre, poésie
À partir de 2015, Nikola Raghoonauth amorce l’écriture de son spectacle solo L’Éléphant Blanc, avec un premier chantier public en 2015 à l’Institut Français de Maurice. L’Éléphant Blanc est ainsi le fruit d’un travail de longue haleine, construit à travers plusieurs étapes, rencontres et réécritures. Il est le résultat d’une quête intérieure, où mémoire, identité, et héritage se mêlent pour donner naissance à un récit intime et universel, à la croisée des chemins entre théâtre et poésie. Ce spectacle est présenté dans sa version abouti à l'Avant-Poste à La Réole en 2022.
La vidéo : une nouvelle dimension visuelle et cinématographique
À l’orée des années 2020, l’artiste s'ouvre à un nouveau champ de création : la vidéo. Après avoir intégré l’école de cinéma Cinemagis durant la période post-Covid, il réalise plusieurs films, qui viennent enrichir son travail théâtral d’une dimension visuelle singulière. Éclosion, film documentaire qui explore la naissance d’un théâtre rural – le 5 Bis – un lieu de rencontre, d’échange et de création, des projets de vidéo danse et de teasers, tels que Plurielles, Conversation Deux Femmes, Golden, Couleur Bitume, Pola et les rapporteurs. Parallèlement, Nikola développe des reportages pour des associations culturelles, offrant ainsi son regard singulier sur des initiatives locales. La vidéo devient pour lui un outil de narration poétique, permettant d’étendre ses univers et de donner une nouvelle forme à son engagement artistique.
Collaboration avec musiciens et compagnies
Aujourd'hui, Nikola Raghoonauth continue de tisser des liens entre ses diverses pratiques artistiques tout en collaborant avec des musiciens de la scène free jazz et dark électro, tels que Élastik et Franck Assémat. Il poursuit également son travail avec des compagnies comme Migr’Arts sur le spectacle Traverses, avec Atelier 40 sur le spectacle Le Couple de La Table D’à Côté et des ateliers cinéma ainsi qu’avec En Avant Toute2 (Chemins de Travers), renforçant ainsi sa place dans la scène artistique contemporaine. Ainsi, Nikola Raghoonauth incarne un artiste qui défie les catégories, un créateur en perpétuelle évolution. Son travail est une exploration constante des frontières entre les genres, dont la vidéo occupe désormais une place essentielle dans son processus artistique, permettant de renforcer l'impact et la portée de ses œuvres sur scène et au-delà.
